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Leicaflex SL

(1968 à 1974) - la première mesure spot

jeudi 1er juin 2006, par coignet

Tâtonnements, chez Leitz Wetzlar

Leitz n’avait eu qu’un succès d’estime, avec son premier appareil reflex commercialisé en 1964, le Leicaflex. En effet, comme toujours à Wetzlar, la qualité de construction était remarquable, la conception dénotait un très grand sérieux, mais ce nouveau boîtier, sitôt commercialisé, était techniquement distancé par la concurrence. Leitz n’avait pas jugé bon de donner à son reflex haut de gamme, une mesure de lumière TTL, déjà présente chez certains concurrents. Il faut préciser que le bureau d’étude de la marque allemande travaillait avec beaucoup de sérieux sur ce nouveau boîtier, et refusait de produire des solutions techniques qui ne fussent pas parfaitement éprouvées. La plus grande sécurité prévalait également concernant les choix fonctionnels : moins ils sont nombreux, plus sûr est le produit, telle devait être alors la devise... Mais ce n’était pas vraiment le credo des autres constructeurs de reflex, qui proposaient leurs premiers boîtiers avec mesure TTL. Nikon, concurrent très sérieux, grâce à sa conception d’un boîtier modulaire, le Nikon F, peut proposer régulièrement des mises à jour de son boîtier sans en remettre en cause les fondations ; ainsi, le premier modèle TTL paraît en 1965, puis le deuxième, " Photomic TN ", en 1967. Il est devenu très urgent pour Leitz, s’il veut pérenniser sa toute nouvelle gamme R, de proposer un nouveau modèle qui intègre ces nouveautés.
Les ingénieurs y travaillent, et il vont faire mieux, sur une base très différente de celle retenue par Nikon : le système de mesure TTL sera intégré au boîtier, et non un accessoire amovible, comme les prismes à cellule du concurrent japonais. Cela ne les empêche pas de travailler également à un modèle à viseurs interchangeables, appelé Leicaflex P...

prototypes Leicaflex P, 1967, clichés Leitz

autre prototype Leicaflex à viseur interchangeable, 1966

Mais ce projet ne verra pas le jour. Leitz s’en est justifié en prétendant que ce type de système est une source de pénétration de la poussière dans le boîtier.

Et la mesure sélective vit le jour

Enfin, en 1968, le nouveau Leicaflex voit le jour : il s’agit du SL, qui amène une première dans le monde des reflex 24 x 36 : non seulement la mesure de la lumière est TTL, mais elle se fait par l’intermédiaire d’un miroir semi-transparent, et d’un miroir secondaire, renvoyant la lumière d’une zone centrale de l’image d’un diamètre très précis de 7 mm, sur un élément sensible au CdS installé dans le plancher de la chambre de visée. La mesure sélective Leitz était née, l’une des plus précise du marché, concept qui a fait école auprès de nombreux fabricants, parfois affiné plus encore, pour donner ce que l’on a appelé la mesure spot. Aujourd’hui, le Leica R9, reflex dernier né de la marque, comporte toujours ce système de mesure sélective.

Construction : une évolution du premier modèle

Si la mesure de la lumière est novatrice, le reste du boîtier est presque identique au Leicaflex de 1964. Le châssis est à peu de choses près le même, le capot a été légèrement rehaussé pour accueillir les circuits électroniques nécessaires au fonctionnement de la cellule et le système d’affichage des vitesses dans le viseur.
Le levier de relevage de miroir a été supprimé ; Leitz expliquait que celui-ci n’était présent sur le Leicaflex que pour permettre d’utiliser le premier modèle du 21 mm Super-Angulon, dont l’élément arrière pénétrait profondément dans le boîtier ; mais cette optique ayant été remplacée par un modèle rétrofocus, cet inconvénient est écarté. Ceux qui pensent qu’il peut être utile de relever un miroir pour permettre un déclenchement sans vibration aucune en seront pour leurs frais, mais Leitz assure que la qualité d’amortissement du miroir de son boîtier ne nécessite pas un tel dispositif. Il semble en effet que ce soit vrai.

Un très beau boîtier, mais toujours des lacunes
Une nouvelle fois, Leitz propose un boîtier remarquablement construit, et, de plus, impose la meilleure mesure TTL de l’époque.
Pourtant, le fabricant refuse de produire certains éléments demandés par les photographes : des viseurs interchangeables, des verres de visées différents, un miroir relevable avant déclenchement.

Néanmoins une belle carrière

Cela n’a pas empêché le SL d’avoir eu un grand succès, et d’installer durablement dans le monde du 24 x 36 ce nouveau système Leica R.
En 1969, la version de base est épaulée par un modèle spécial, le SL-MOT, qui recevait un très volumineux moteur, permettant une cadence jusqu’à 4 images/seconde. Ce même moteur a été ensuite utilisé avec le SL2-MOT qui lui a succédé.
Lancé en 1968, avec le n° 1173001, le SL termine sa carrière en 1974, avec le n° 1375000. 72 000 boîtiers ont été construits, dont 1000 SL-MOT.

Utiliser le SL aujourd’hui ?

Pour qui aime utiliser un boîtier mécanique, le SL reste un boîtier plaisant à utiliser aujourd’hui. Il faut savoir que ses capacités de mesure de l’exposition en basse lumière sont limitées, point qui a été nettement amélioré avec le SL2. Il faut également tenir compte du fait que certaines optiques ne peuvent être montées sur ce boîtier, leur partie arrière butant dans la chambre reflex : il s’agit des deux versions du 15mm, des 2,8/16, 2,8/24, de l’actuelle version du 2/35, de l’actuel 1,4/50, du zoom 4/35-70, et du zoom 80-200. Ce point a été modifié avec le SL2.
Le couplage de la cellule utilise des cames qui ne sont plus montées en série par leica depuis 1997, année de sortie du R8, qui utilise des contacts électriques pour informer le processeur du boîtier sur les caractéristiques de l’optique enregistrées sur une ROM.

Série spéciale

Il y a eu une série spéciale du SL, produite à 1000 exemplaire, à l’occasion des jeux olympiques de Munich en 1972.

Caractéristiques techniques

Châssis en aluminium moulé sous pression.
Semelle et capot supérieur en zinc moulé sous pression, chromé ; quelques modèles anodisés noir, ou laqués noir.

Poids : 770 g
L x H x ép. : 148 mm x 97 mm x 57 mm

Mise en route du posemètre : dégagement du levier d’armement de 10°.
Course pour l’armement : 124°

Temps de pose : B, de 1 s à 1/2000 s
Réglages intermédiaires possibles, sauf entre 1/8 et 1/4 s

Levier de profondeur de champ, et retardateur.

Flash : Contacts flash électronique et magnésique en fa ade.
Synchronisation à 1/100ème de seconde.

Alimentation : une pile 1,35 volts type PX 625, dans la semelle
Attention : ces piles ne sont plus disponibles (interdiction des piles au mercure). Il faut utiliser soit les piles Wein cell zinc/air MRB 625 de 1,35 volts, à durée de vie limitée (entre 3 et 6 mois), ou un adaptateur qui permet d’usage de piles bouton SR44 1,5 volts.


Révision :
juillet 2016 - ajout des protypes Leicaflex, par coignet


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