Les différentes versions du Leica IIIc

Ekreviss
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Bien le bonjour !

(Et bonne fête nationale aux summiluxiens à croix blanche ! :wink: )

Je vous expose une problèmatique qui me pasionne depuis longtemps:

Il existe au moins 4 variantes du Leica IIIc:

- Leica IIIc version "A": modèle "wartime" avec rideaux rouges et déclencheur comme sur les Leica d'avant guerre.
- Leica IIIc version "B": également modèle "wartime", mais avec le nouveau déclencheur.
- Leica IIIc version "C": "post-war" qui n'a plus la marche sous le levier de rembobinage. Nouveau levier plat pour le correcteur dioptrique.
- Leica IIIc version "D": appelé "sharkskin" outre atlantique. Mêmes caractéristiques que la version C, mais avec le revêtement particulier qui effectivement ressemble à une peau de requin.

Mon but (de passionné malade à streptocoques, donc incurable :mrgreen2: ) est de determiner à quels numéro de série les changements ont été effectués. On le sait pour les wartime (jusqu'au N° 397650) et les post-war (de 400000 à 440000); mais quand passe-t-on du déclencheur ancien au nouveau ? Dès quel numéro le IIIc devient IIIc sharkskin ? le N° 460001 ? Le N° 465001 ?

Je vais poster une étude illustrée d'ici une dizaine de jours.

Si d'ici là quelqu'un a des renseignements...

:D :wink:
Ekreviss
michelangelo

Message supprimé à la demande de son auteur.
Ekreviss
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Hé non car le Leica IIIc K* est un modèle IIIc "B" auquel on a simplement lubrifié l'obturateur avec une graisse spéciale résistante aux très basses températures.

Attention je parle bien des différents modèles, et non pas des séries spéciales. Car là, il y en aurait plein: le K* comme tu dis, le Luftwaffe, Heer, etc.
Ekreviss
Jérôme
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Mon IIIc "peau de requin" porte le N° 501016.....
Cette indication ne va probablement rien t'apprendre puisque tu sembles hesiter entre 460001 et 465001 :oops:
Ce qui m'etonne c'est que, d'après ce que tu dis, le "sharkskin" serait une évolution (en l'espèce, la dernière) du IIIc. Je pensais qu'il s'agissait d'une simple version, fabriquée en parallèle de la production "normale" ...
Jean
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Bonjour Ekreviss,

Je réponds à tes deux questions:

Le nouveau déclencheur est apparu sur les IIIc avec le Numéro 374.501. Cependant les 1576 premiers boîtiers munis de l'ancien déclencheur sont encore montés avec des rideaux classiques noirs. Puis les boîtiers suivant seront équipés de rideaux rouges fournis par Kodak en 1937 à titre expérimental (étude sur la résistance de ce matériau à des températures élevées).
Et à partir du Numéro 379.226 les stocks étant épuisés apparaissent à nouveau des rideaux noirs fabriqués en tissu de parachute selon Hasbroeck.
C'est dire que les boîtiers que tu appelles "Version A" ne sont pas tous équipés de rideaux rouges.

Les premiers "sharkskin" sont apparus avec approximativement le Numéro 430.000 en 1948 et le dernier ainsi présenté porte le numéro 501.476.

Et en réponse aux réflexions de Jérôme la présentation "peau de requin" est une parenthèse durant les années 48 et 49/50, les boîtiers reprenant un aspect plus classique du numéro 501.477 jusqu'au 525.000 dernier boîtier fabriqué en 1951.

Et bon courage Ekreviss pour ton "étude illustrée"des IIIc, les variations dans les détails de présentation de ce boîtier au cours de son évolution étant nombreuses.
_________________
Jean
Ekreviss
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Un grand merci Jean pour ces renseignements.

Mais ou as-tu trouvé ces précisions ?

En ce qui concerne le tissu de parachute, c'est une légende bien sûr.

Autre question: quel était le revêtement officiel des Leica pendant la guerre ? Le cuir, la vulcanite ? Les deux ?

Merci et meilleures salutations,
Ekreviss
Jean
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Ravi de te retrouver Christian dès mon retour.

C'est bien sûr dans la littérature consacrée que j'ai puisé les renseignements que j'ai pu te donner. J'en ai dressé une liste non exhaustive d'ailleurs, en fin de l'article que j'ai consacré au "Couplex" auquel je te renvoie.
C'est Van Hasbroeck qui parle dans son livre "Leica" qui fait référence, de la reprise une fois la toile rouge épuisée, de rideaux à nouveau noirs d'origine germanique et taillés dans de la toile de parachute, en raison de sa souplesse et de sa résistance, la pénurie en matières premières commençant à se faire sentir. Et ce sont Borgé et Viasnoff dans le tome IV de "Prestige de la Photographie" qui le confirment allant jusqu'à affirmer que (je les cite) "C'est un atelier de Karlsruhe qui se chargea de caoutchouter et de découper cette toile". On ne peut pas être plus précis!
Ces derniers auteurs ont cependant deux interprétations autres que celle de Van Hasbroeck sur les raisons originelles de cette toile, d'origine Kodak cela parait certain.
Si V.H. affirme en effet que ce matériau rouge était expérimenté depuis 1937 par Leitz car supposé plus résistant aux températures élevées, B.et V. plus prudents émettent deux hypothèses que je ne peux retenir car me paraissant pour le moins farfelues.
La première reposerait certes sur la pénurie de rideaux conventionnels "abandonnés car leur couleur influençait les nouveaux films panchromatic". Cela me parait difficile dans une chambre noire, seule la face antérieure des rideaux étant rouge.
La seconde serait, je les cite encore, que "l'usine Leitz expérimenta ces rideaux rouges (fournis par Kodak) qui devaient en principe éliminer les risques de voile dûs à un objectif mal protégé du soleil (pas de capuchon)". Je trouve cela grotesque!

Savoir aussi que seule la face antérieure des rideaux est rouge est important car devant la relative rareté de ces boîtiers à rideaux rouges quelques petits malins en ont fabriqué et monté sur des IIIc en étant dépourvus pour les vendre à un prix plus élevé! J'en ai vu au moins un ainsi transformé!

Concernant les IIIc "peau de requin", j'ai pu noter curieusement et je ne suis pas le seul, que ces boîtiers souvent oxydés présentent un revêtement chromé de moins bonne facture que celle habituelle au matériel Leitz. Cette série a-t-elle été confiée à un sous traitant moins performant ou plus justement pendant cette période l'Allemagne ruinée avait-elle suffisamment de chrome pour traiter ses boîtiers avec une épaisseur de couche suffisante ?

Et pour en finir par ta dernière question, hormis ces Leica "Sharkskin" tous les IIIc étaient couverts par la vulcanite avec son aspect habituel. La"peau de requin" étant aussi de la vulcanite mais avec une autre finition.
Jean
Jérôme
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Jean a écrit :
Concernant les IIIc "peau de requin", j'ai pu noter curieusement et je ne suis pas le seul, que ces boîtiers souvent oxydés présentent un revêtement chromé de moins bonne facture que celle habituelle au matériel Leitz. Cette série a-t-elle été confiée à un sous traitant moins performant ou plus justement pendant cette période l'Allemagne ruinée avait-elle suffisamment de chrome pour traiter ses boîtiers avec une épaisseur de couche suffisante ?


Je confirme :lol:
Ekreviss
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Merci encore Jean.

Des parachutes rouges... pourquoi pas rose fluo ? Histoire d'être encore un peu plus visible ! :lol:

Quand aux sharkskin de moins bonne qualité de chrome, c'est absolument vrai. Connu et reconnu.
Et il y en a qui prétendent le contraire; que les Leica (IIIc mais également tous les autres) fabriqués pendant la guerre sont de moins bonne facture. Je contrecarre avec virulence ce propos. Les Leica à vis les mieux finis sont justement fabriqués entre 1937 et 1945.

Quand aux revêtements, non justement, j'ai un IIIc des premières séries revêtu de cuir me semble-t-il... à confirmer je ne l'ai pas sous les yeux...

:wink:
Ekreviss
Jean
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Ekreviss a écrit :
.

Des parachutes rouges... pourquoi pas rose fluo ?
Les Leica à vis les mieux finis sont justement fabriqués entre 1937 et 1945.

Quand aux revêtements, non justement, j'ai un IIIc des premières séries revêtu de cuir me semble-t-il... à confirmer je ne l'ai pas sous les yeux...



Les parachutes allemands étaient noirs sur les deux faces. :shock: Tous les auteurs sérieux s'accordent pour dire que les rideaux des IIIc pendant la guerre étaient fait avec ce tissu de corolle de parachute une fois les stocks expérimentaux de toile d'origine Kodak (rouges) épuisés. Il y a même eu un lot de 24 boîtiers répartis entre III et IIIa en 1937 équipés de ces rideaux particuliers confirmant ainsi la période expérimentale. Les seules hypothèses contradictoires portent sur la raison de la couleur rouge sur la face antérieure.
Tu juges que cette histoire de toile de parachute est une légende. Je ne le pense pas. Elle est tout à fait plausible au moment où l'effort de guerre allemand portait essentiellement sur les matériaux destinés à la Wehrmacht. Ou alors je me suis mal exprimé.

Par ailleurs tu me surprends; hormis cette courte période de Leica IIIc "peau de requin" concernant aussi les Ic et IIc fabriqués à la même date, tous les Leica à vis ont été parfaitement finis depuis le IA jusqu'au légendaire IIIg. :o

Enfin aucun IIIc n'est sorti d'usine avec un revêtement en cuir. Présenté en 1940 le IIIc a été fabriqué jusqu'en 1951 en pleine période de "vaches maigres" :( . L'heure n'était pas au luxe et à la fantaisie.
Maintenant tout propriétaire d'un boîtier de ce type peut parfaitement remplacer la vulcanite d'origine par un revêtement en cuir de son choix. C'est de plus extrêmement simple à réaliser. J'ai ainsi vu récemment un magnifique M2 avec un revêtement de cuir noir mis en place par son propriétaire en remplacement d'une vulcanite détériorée.

En revanche quelques rares boîtiers à vis ont été présentés par Leitz avec des revêtements en cuir mais bien avant la sortie du IIIc. Cette présentation en peau de reptile ou en cuir de veau se retrouve sur quelques rares Modèles IA ou IC et encore plus rares "Couplex".

Au plaisir de te lire.
Jean
Jean D.
    Précisions et compléments...
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Bonjour ! Le Leica IIIc est probablement, en effet, le modèle qui a compté le plus de variantes…
On consultera avec intérêt cette intéressante page rédigée par Christoph Ozdoba.

J’ajoute quelques précisions et compléments à ce qui vient d’être fort bien écrit par mon homonyme bordelais…

Le fameux sujet du Leica IIIc à rideaux rouges a déjà abondamment été débattu sur notre site (presque à l’identique :wink: ) : voir les deux premières pages de ce fil initié par Mektoub le 5 Mai 2005…
Apparemment, la version du IIIc à rideaux rouges est comprise entre les numéros 362401 et 380000 (fabriquée de 1940 à 1941 ou 1942).

A propos de la seconde hypothèse émise par Borgé et Viasnoff (effectivement farfelue), Jean a écrit :
(…) seule la face antérieure des rideaux est rouge (…)
À ma connaissance, et comme je l’ai d’ailleurs constaté sur quelques Leica IIIc à rideaux rouges paraissant authentiques, chaque rideau est bicolore (une face rouge, l’autre noire) mais les deux rideaux sont inversés.

Au sujet du Leica IIIc K, Ekreviss a écrit :
(…) le Leica IIIc K* est un modèle IIIc "B" auquel on a simplement lubrifié l'obturateur avec une graisse spéciale résistante aux très basses températures. (…)
Il fut en effet possible de faire lubrifier un Leica de façon qu’il fonctionne à très basse température (ce l’était aussi pour les "M" et l’est peut-être encore) mais ceci ne traduit pas la signification de la lettre "K"…
Cette initiale apparaît sur certains Leica IIIc, gravée sur le capot à la suite du numéro, ou bien imprimée sur le deuxième rideau (en blanc, parfois en rouge) : ce n’est pas celle du mot Kälte (= froid), mais celle du mot Kugellager (= roulement à billes) indiquant que les axes de l’obturateur sont montés sur des roulements à billes (à l’instar du Leica 250 en 1941) ; un tel montage facilite le fonctionnement à basse température, et on comprend qu’en règle générale il constitue une amélioration.
Soixante Leica IIIc K furent d’abord fabriqués en deux fournées (à partir du n° 387101, en Septembre 1941), d’autres fournées suivirent jusqu’en 1945 (vers le n° 392000) et quelques boîtiers furent encore fabriqués ensuite isolément ; vers ce n° 392000 une variante du IIIc K apparut, comportant moins de roulements ; le dernier IIIc K porte le n° 397607 ou plus probablement le n° 397650 (1946 ?), mais une insupportable incertitude subsiste… Un "trou" dans la numérotation s’ensuivit et la fabrication du Leica IIIc "normal" reprit après la guerre au n° 400000 (1946). En conclusion, la variante dénommée Leica IIIc K préfigure le Leica IIIf qui apparaîtra en 1950, dont l’obturateur est équipé de roulements à billes.
Le nombre total de Leica IIIc K demeure incertain (entre 2700 et 5000 boîtiers).

A propos de la piètre qualité du chromage généralement constatée chez les Leica IIIc sharkskin, Jean a écrit :
(…) pendant cette période l'Allemagne ruinée avait-elle suffisamment de chrome pour traiter ses boîtiers avec une épaisseur de couche suffisante ? (…)
Cette explication paraît plausible, d’autant qu’une série de IIIc a été produite laquée "bleu gris" pendant la guerre, de 1942 à 1944, en raison de la pénurie de chrome (durant la même période d’autres IIIc furent néanmoins chromés).

A propos de la qualité du chrome des Leica à vis, Ekreviss a écrit :
(…) Les Leica à vis les mieux finis sont justement fabriqués entre 1937 et 1945. (…)
:shock: Comme mon homonyme bordelais, je sursaute en lisant cette affirmation, tant le chrome satiné des IIIf et IIIg me paraît somptueux ! :wink:

Jean D.
« Wir werden Barnacks Kamera bauen ! » (Nous fabriquerons l'appareil photographique de Barnack !)
Ernst Leitz II (1924)
gautier
    Re: Précisions et compléments...
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Jean D. a écrit :
Il fut en effet possible de faire lubrifier un Leica de façon qu’il fonctionne à très basse température (ce l’était aussi pour les "M" et l’est peut-être encore)
Je ne sais pas si cela se traduit par une lubrification spéciale mais le service après vente actuel propose toujours ce genre de choses.
Dans sa brochure "Customer Service", Leica a écrit :
Special services :
- Fungicidal treatment
- Preparation for use under extreme climate conditions
C'est-à-dire :
Traduisant, Gautier a écrit :
Services spéciaux :
- Traitement fongicide
- Préparation pour utilisation dans des conditions climatiques extrêmes
sylvain
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Vieux briscard
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Effectivement c'est toujours d'actualité.

Cela consiste en un remplacement de toutes les graisses du boitier par des graisses fonctionnelles en très basses températures.
Ekreviss
    Re: Précisions et compléments...
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Eh bien les gars vous avez des livres fort épais !
Je n'ai pas une littérature aussi abondante.

Jean D. a écrit :
:shock: Comme mon homonyme bordelais, je sursaute en lisant cette affirmation, tant le chrome satiné des IIIf et IIIg me paraît somptueux ! :wink:

Jean D.


Ne sursaute pas trop :wink: ; je m'explique: dans la grande et variée famille des Leica à vis d'avant et pendant la guerre, il me semble que dans la main, à l'utilisation, les Leica II, III, IIIa, IIIb de meilleure finition sont ceux qui ont la fenêtre du télémètre sans "décrochement", c'est à dire fabriqués dès la deuxième moitié de 1937. Rien de scientifique là dedans.

De plus je ne parlais pas du chrome, mais bien de la finition générale (optique, mécanique, tolérances, etc.) !!!

Je ne parle pas non plus des IIIf et autres IIIg qui m'intéressent moins, mais qui sont certes d'une finition de très haut niveau.

@ Jean

Alors nous sommes bien d'accord sur le coup des rideaux rouges; j'ai lu un peu vite. :oops:
Quand au revêtement de mon IIIc N° 3638XX, le revêtement est dans la lignée d'avant guerre (Leica I, II, III, IIIa), et ne ressemble pas à la vulcanite de mon autre IIIc N° 3774XX.
:roll:
Ekreviss
Jean D.
    Petite étourderie
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Je rectifie une petite étourderie…
Ekreviss a écrit :
(…) il me semble que dans la main, à l'utilisation, les Leica II, III, IIIa, IIIb de meilleure finition sont ceux qui ont la fenêtre du télémètre sans "décrochement", (…)
Je vois à quoi tu penses (la "petite marche" à droite, portant une vis) : il s’agit bien sûr de la fenêtre du viseur. :wink:
Quant à ton impression de finition inégale, je ne l’ai pas remarquée…

Jean D.
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